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SLA et KPI d'externalisation : comment les mesurer

https://fr.linkedin.com/in/celia-chambellan
ECRIT PAR CÉLIA CHAMBELLAN | DG & Co-fondatrice Call Of Success
Publié le
31
August
2026
Révisé le
6
MIN

Mesurer vraiment un SLA suppose de contractualiser quatre éléments avant les seuils eux-mêmes : le périmètre (quels contacts entrent dans le calcul), les exclusions (appels coupés, indisponibilités, cas hors scope), la source de vérité (quel système fait foi) et la granularité (jour, semaine, mois : un SLA mensuel lisse les pires journées). Sans ces quatre points, un KPI n'est pas un engagement : c'est un sujet de discussion mensuel.

Au sommaire

En bref

  • Un prestataire qui n'a jamais raté un SLA a rarement un plateau parfait. Il a souvent une définition de mesure favorable.
  • Le périmètre et les exclusions valent plus que le seuil : 95 % sur un périmètre réduit vaut moins que 88 % sur le périmètre complet.
  • La granularité change tout : un SLA mensuel masque cinq journées catastrophiques.
  • La source de vérité doit être désignée dans le contrat, idéalement indépendante des deux parties.
  • 5 à 7 KPI maximum, dont un seul indicateur composite. Au-delà, le prestataire arbitre à votre place.

1. Quelle différence entre SLA, KPI et objectif de service ?

Trois objets distincts que beaucoup de contrats confondent.

  1. Le KPI (Key Performance Indicator) est une mesure : la qualité de service, la durée moyenne de traitement, le taux de résolution au premier contact.
  2. L'objectif de service est une cible de pilotage : « nous visons 85 % de QS ».
  3. Le SLA (Service Level Agreement) est un engagement contractuel assorti d'une conséquence : « en dessous de 80 % de QS mensuelle, une pénalité de X s'applique ».

La distinction n'est pas académique. Vous ne pouvez pas contractualiser tous vos KPI, et vous ne devez pas : un SLA impose une rigueur de définition, de mesure et de preuve que peu d'indicateurs supportent. Notre repère : 12 à 15 KPI en pilotage, 3 à 5 en SLA.

A savoir

Les référentiels NF Service 345 et ISO 18295 encadrent les engagements de service en centre de contacts. Ils ne fixent pas vos seuils à votre place, mais un prestataire certifié aura déjà structuré sa mesure, c'est un critère de sélection utile. Voir notre article sur les certifications qualité des centres d'appels.

2. Pourquoi vos KPI ne mesurent-ils pas ce que vous croyez ?

Parce que la formule est rarement le sujet. Ce qui fait bouger un KPI de 10 points, ce sont les conventions de calcul et elles sont presque toujours implicites.

Prenons la qualité de service, exprimée par la convention de place « 80/20 » : 80 % des appels décrochés en moins de 20 secondes. Quatre questions décident du résultat :

  • Les appels abandonnés en moins de 5 secondes comptent-ils (un client qui raccroche immédiatement s'est souvent trompé de numéro) ?
  • Les appels arrivant hors plages d'ouverture sont-ils exclus ?
  • Les débordements vers un serveur vocal comptent-ils comme décrochés ?
  • Le calcul se fait-il par intervalle de 30 minutes puis moyenné, ou sur le volume total du mois ?

Selon les réponses, un même plateau affiche 78 % ou 91 %.

Même mécanique sur la DMT. Elle inclut la conversation, la mise en attente et le post-appel (ACW). Un prestataire qui exclut l'ACW de sa mesure affiche mécaniquement une DMT plus flatteuse et vous ne verrez jamais le temps réel d'occupation de vos positions. Le repère de marché tourne autour de 6 minutes toutes activités confondues (Kayako, 2026), avec des écarts massifs par secteur : 3 à 4 minutes en retail, 8 à 10 en support technique. Comparer sans périmètre identique n'a aucun sens.

Le cas des exclusions mérite une attention particulière. Chez un outsourceur de l'océan Indien que nous accompagnons, 36 appels sur 822 en un mois (soit 4 %) étaient des appels coupés. Les inclure dans les critères de conclusion pénalisait des conseillers pour un événement qu'ils ne maîtrisaient pas. Les exclure explicitement a rendu la mesure juste. Ce type de règle doit figurer au contrat, pas dans un fichier Excel officieux.

Attention : Les règles d'exclusion sont fragiles. Chez un voyagiste que nous accompagnons, un simple changement de formulation du message d'un bot de transfert a cassé une règle d'exclusion de la grille d'évaluation. Détecté et rattrapé en deux jours grâce à un suivi rapproché, mais sans ce suivi, plusieurs semaines de données auraient été faussées. Toute évolution de parcours doit déclencher une revue des règles de mesure.

3. Comment définir un SLA incontestable en 6 clauses ?

Les 6 clauses à écrire pour rendre un SLA incontestable
ClauseQuestion à trancherFormulation type
PérimètreQuels flux, files et canaux entrent dans le calcul ?« Files SC-FR-N1 et SC-FR-N2, canal voix, jours ouvrés 9h-19h »
ExclusionsQuels contacts sortent du calcul et pourquoi ?« Abandons < 5 s, appels hors plage, appels coupés pour cause technique documentée »
FormuleNumérateur et dénominateur explicites« Appels décrochés ≤ 20 s / appels présentés hors exclusions »
Source de véritéQuel système fait foi en cas d'écart ?« Extraction SVI du donneur d'ordres, à défaut CCaaS du prestataire »
GranularitéSur quelle maille se constate le respect ?« Constat hebdomadaire, consolidation mensuelle ; 2 semaines sous seuil = manquement »
ConséquencePénalité, plan d'action ou escalade« Plan d'action sous 5 jours ; malus au-delà de 2 mois consécutifs »

La clause de granularité est celle que nous voyons le plus souvent oubliée, et c'est la plus coûteuse. Un SLA constaté au mois autorise cinq journées à 45 % de QS compensées par vingt journées à 92 %. Vos clients, eux, ont vécu les cinq journées. Nous recommandons systématiquement une double lecture : constat hebdomadaire pour le pilotage, consolidation mensuelle pour la facturation.

Le conseil Call of Success

Rédigez vos définitions de KPI dans une annexe unique, numérotée, versionnée, signée des deux parties, et référencée par le contrat. Toute modification passe par un avenant en comité de pilotage. C'est fastidieux à écrire une fois ; c'est ce qui vous évitera six mois de discussions. Notre offre de rédaction de cahier des charges inclut systématiquement cette annexe.

4. Qui doit produire la mesure ?

Trois configurations existent, et elles n'offrent pas le même niveau de confiance.

Le prestataire produit la mesure

C'est le cas par défaut, et le plus fragile : celui qui est évalué produit la note. Cela fonctionne tant que la relation est bonne, et se dégrade dès le premier désaccord sur un malus.

Le donneur d'ordres produit la mesure

Possible quand la téléphonie et le CRM vous appartiennent. C'est la meilleure configuration pour les KPI de flux (QS, taux d'abandon, volumes) puisque vos systèmes sont en amont du plateau. Elle atteint sa limite sur la qualité : vous ne pouvez pas évaluer manuellement plus de quelques dizaines d'appels par semaine.

Un tiers produit la mesure

C'est la configuration qui désamorce structurellement le conflit, et elle devient accessible sur la qualité. Une plateforme d'analyse conversationnelle branchée sur les flux d'appels applique la même grille à 100 % des conversations, quelle que soit l'équipe, le site ou le pays, et justifie chaque note par l'extrait de transcription correspondant. Le score cesse d'être une opinion : il devient un fait vérifiable par les deux parties. Un courtier d'assurance grand compte que nous accompagnons a ainsi refondu son pilotage qualité en trois niveaux sur 470 000 appels analysés (un volume qu'aucune équipe qualité interne ne peut couvrir). C'est le principe que met en œuvre Feedae sur les dispositifs que nous pilotons.

Transparence : Feedae est la plateforme d'analyse conversationnelle co-fondée par l'équipe Call of Success. Nous la mentionnons ici parce qu'elle illustre la logique du tiers de mesure, d'autres acteurs (Observe.ai , Balto ou CallMiner) permettent la même chose. L'important n'est pas l'outil : c'est que la source de vérité soit indépendante des deux parties et que la méthode de calcul soit auditable.

5. Comment auditer la donnée de votre prestataire ?

Une fois par trimestre, une demi-journée suffit. Voici le protocole que nous appliquons chez nos clients.

Auditer la donnée de votre prestataire : protocole en 5 étapes
ÉtapeCe que vous vérifiezSignal d'alerte
1. Rapprochement volumétriqueAppels présentés côté opérateur vs côté prestataireÉcart > 2 % non expliqué
2. Test des exclusionsRecalcul du KPI sans les exclusionsÉcart > 5 points
3. Rejeu d'échantillon20 à 30 appels réévalués contradictoirementÉcart moyen de notation > 10 points
4. Contrôle de granularitéRecalcul hebdomadaire d'un SLA mensuel2 semaines sous seuil masquées
5. TraçabilitéUn score est-il relié à un appel identifiable ?Score non traçable = score non opposable

L'étape 3 est la plus révélatrice. C'est exactement le travail que mène un prestataire qualité pour un grand opérateur télécom que nous connaissons : cycles de calibrage sur des échantillons de 20 à 30 appels, analyse des écarts de notation entre l'IA et les évaluateurs humains, jusqu'à découvrir qu'un critère « double » qui mélangeait la vente chaînée et la portabilité produisait des notations erratiques. Le critère a été scindé en deux. Ce n'est pas l'outil qui était en cause : c'est la définition.

Pour les dispositifs volumineux, un module d'analytics et de reporting permet de rejouer ces contrôles en continu plutôt qu'une fois par trimestre.

6. Quels KPI garder, quels KPI abandonner ?

Arbitrage des KPI d'externalisation : SLA, pilotage ou abandon
KPIGarder en SLAGarder en pilotageÀ abandonner
QS (80/20 ou variante)OuiOuiNon
FCR : résolution au 1er contactOuiOuiNon
CSAT post-contactOuiOuiNon
Score qualité sur grille calibréeOui, si tiers de mesureOuiNon
Taux de conformité réglementaireOuiOuiNon
Taux d'abandonNonOuiNon
DMT / DMCNonOuiOui, en SLA isolé
Taux d'occupationNonOuiOui, en SLA
Nombre d'appels par heureNonNonOui
« Note de satisfaction interne » du prestataireNonNonOui

Le FCR mérite son statut de super-KPI : selon SQM Group, la moyenne se situe autour de 70 %, le niveau world-class de 80 % n'est atteint que par environ 5 % des centres, et chaque point de FCR gagné vaut environ 1,4 point de NPS. C'est l'indicateur qui relie qualité, coût et satisfaction. Encore faut-il le mesurer sur la réitération réelle (le client a-t-il rappelé sur le même motif dans les 7 jours ?) et non sur une déclaration du conseiller en fin d'appel.

Ce qu'il faut retenir

  • SLA, KPI et objectif de service sont trois objets différents : 12-15 KPI en pilotage, 3-5 en SLA.
  • Le périmètre, les exclusions et la granularité pèsent plus lourd que le seuil négocié.
  • Toutes les définitions vivent dans une annexe unique, versionnée, référencée par le contrat.
  • Désignez une source de vérité. Le tiers de mesure est la configuration la plus saine.
  • Auditez la donnée une fois par trimestre : rapprochement, test des exclusions, rejeu d'échantillon, granularité, traçabilité.

Notre conseil

Avant votre prochain comité de pilotage, faites un exercice simple : demandez à votre prestataire la formule exacte, numérateur et dénominateur, de votre principal SLA et la liste de ses exclusions. Si la réponse prend plus de 48 heures ou tient en une phrase vague, vous avez identifié votre chantier prioritaire. Ce n'est pas un procès d'intention : dans neuf cas sur dix, personne n'a jamais écrit ces règles.

FAQ

Quelle différence entre un SLA et un KPI ?

Le KPI est une mesure, le SLA un engagement contractuel assorti d'une conséquence. Tous vos KPI ne doivent pas devenir des SLA : un SLA exige une définition, une source de vérité et une traçabilité que peu d'indicateurs supportent.

Combien de SLA faut-il dans un contrat de call center ?

Trois à cinq. Typiquement : qualité de service, résolution au premier contact, satisfaction client et conformité réglementaire. Au-delà, le prestataire arbitre entre des objectifs contradictoires et vous perdez la main.

Le prestataire peut-il produire lui-même la mesure de ses SLA ?

Oui, c'est courant, mais prévoyez un droit d'audit et une source de vérité alternative. Le jour où un malus se déclenche, une mesure auto-produite devient immédiatement contestable.

Faut-il mesurer les SLA à la semaine ou au mois ?

Les deux. Constat hebdomadaire pour le pilotage et l'alerte, consolidation mensuelle pour la facturation. Un SLA uniquement mensuel masque les pires journées, celles que vos clients ont réellement vécues.

Comment mesurer le FCR sans enquête client ?

Par la réitération : le client a-t-il rappelé sur le même motif dans une fenêtre glissante de 7 jours ? Cela suppose une clé client unique et une classification fiable des motifs d'appels, c'est le point technique le plus souvent bloquant.

Que faire en cas de désaccord persistant sur un chiffre ?

Rejouez un échantillon de 20 à 30 appels de façon contradictoire, avec le prestataire, sur la même grille. Dans la majorité des cas, le désaccord porte sur une définition de critère, pas sur la performance réelle.

En bref

  • Un prestataire qui n'a jamais raté un SLA a rarement un plateau parfait. Il a souvent une définition de mesure favorable.
  • Le périmètre et les exclusions valent plus que le seuil : 95 % sur un périmètre réduit vaut moins que 88 % sur le périmètre complet.
  • La granularité change tout : un SLA mensuel masque cinq journées catastrophiques.
  • La source de vérité doit être désignée dans le contrat, idéalement indépendante des deux parties.
  • 5 à 7 KPI maximum, dont un seul indicateur composite. Au-delà, le prestataire arbitre à votre place.

1. Quelle différence entre SLA, KPI et objectif de service ?

Trois objets distincts que beaucoup de contrats confondent.

  1. Le KPI (Key Performance Indicator) est une mesure : la qualité de service, la durée moyenne de traitement, le taux de résolution au premier contact.
  2. L'objectif de service est une cible de pilotage : « nous visons 85 % de QS ».
  3. Le SLA (Service Level Agreement) est un engagement contractuel assorti d'une conséquence : « en dessous de 80 % de QS mensuelle, une pénalité de X s'applique ».

La distinction n'est pas académique. Vous ne pouvez pas contractualiser tous vos KPI, et vous ne devez pas : un SLA impose une rigueur de définition, de mesure et de preuve que peu d'indicateurs supportent. Notre repère : 12 à 15 KPI en pilotage, 3 à 5 en SLA.

A savoir

Les référentiels NF Service 345 et ISO 18295 encadrent les engagements de service en centre de contacts. Ils ne fixent pas vos seuils à votre place, mais un prestataire certifié aura déjà structuré sa mesure, c'est un critère de sélection utile. Voir notre article sur les certifications qualité des centres d'appels.

2. Pourquoi vos KPI ne mesurent-ils pas ce que vous croyez ?

Parce que la formule est rarement le sujet. Ce qui fait bouger un KPI de 10 points, ce sont les conventions de calcul et elles sont presque toujours implicites.

Prenons la qualité de service, exprimée par la convention de place « 80/20 » : 80 % des appels décrochés en moins de 20 secondes. Quatre questions décident du résultat :

  • Les appels abandonnés en moins de 5 secondes comptent-ils (un client qui raccroche immédiatement s'est souvent trompé de numéro) ?
  • Les appels arrivant hors plages d'ouverture sont-ils exclus ?
  • Les débordements vers un serveur vocal comptent-ils comme décrochés ?
  • Le calcul se fait-il par intervalle de 30 minutes puis moyenné, ou sur le volume total du mois ?

Selon les réponses, un même plateau affiche 78 % ou 91 %.

Même mécanique sur la DMT. Elle inclut la conversation, la mise en attente et le post-appel (ACW). Un prestataire qui exclut l'ACW de sa mesure affiche mécaniquement une DMT plus flatteuse et vous ne verrez jamais le temps réel d'occupation de vos positions. Le repère de marché tourne autour de 6 minutes toutes activités confondues (Kayako, 2026), avec des écarts massifs par secteur : 3 à 4 minutes en retail, 8 à 10 en support technique. Comparer sans périmètre identique n'a aucun sens.

Le cas des exclusions mérite une attention particulière. Chez un outsourceur de l'océan Indien que nous accompagnons, 36 appels sur 822 en un mois (soit 4 %) étaient des appels coupés. Les inclure dans les critères de conclusion pénalisait des conseillers pour un événement qu'ils ne maîtrisaient pas. Les exclure explicitement a rendu la mesure juste. Ce type de règle doit figurer au contrat, pas dans un fichier Excel officieux.

Attention : Les règles d'exclusion sont fragiles. Chez un voyagiste que nous accompagnons, un simple changement de formulation du message d'un bot de transfert a cassé une règle d'exclusion de la grille d'évaluation. Détecté et rattrapé en deux jours grâce à un suivi rapproché, mais sans ce suivi, plusieurs semaines de données auraient été faussées. Toute évolution de parcours doit déclencher une revue des règles de mesure.

3. Comment définir un SLA incontestable en 6 clauses ?

Les 6 clauses à écrire pour rendre un SLA incontestable
ClauseQuestion à trancherFormulation type
PérimètreQuels flux, files et canaux entrent dans le calcul ?« Files SC-FR-N1 et SC-FR-N2, canal voix, jours ouvrés 9h-19h »
ExclusionsQuels contacts sortent du calcul et pourquoi ?« Abandons < 5 s, appels hors plage, appels coupés pour cause technique documentée »
FormuleNumérateur et dénominateur explicites« Appels décrochés ≤ 20 s / appels présentés hors exclusions »
Source de véritéQuel système fait foi en cas d'écart ?« Extraction SVI du donneur d'ordres, à défaut CCaaS du prestataire »
GranularitéSur quelle maille se constate le respect ?« Constat hebdomadaire, consolidation mensuelle ; 2 semaines sous seuil = manquement »
ConséquencePénalité, plan d'action ou escalade« Plan d'action sous 5 jours ; malus au-delà de 2 mois consécutifs »

La clause de granularité est celle que nous voyons le plus souvent oubliée, et c'est la plus coûteuse. Un SLA constaté au mois autorise cinq journées à 45 % de QS compensées par vingt journées à 92 %. Vos clients, eux, ont vécu les cinq journées. Nous recommandons systématiquement une double lecture : constat hebdomadaire pour le pilotage, consolidation mensuelle pour la facturation.

Le conseil Call of Success

Rédigez vos définitions de KPI dans une annexe unique, numérotée, versionnée, signée des deux parties, et référencée par le contrat. Toute modification passe par un avenant en comité de pilotage. C'est fastidieux à écrire une fois ; c'est ce qui vous évitera six mois de discussions. Notre offre de rédaction de cahier des charges inclut systématiquement cette annexe.

4. Qui doit produire la mesure ?

Trois configurations existent, et elles n'offrent pas le même niveau de confiance.

Le prestataire produit la mesure

C'est le cas par défaut, et le plus fragile : celui qui est évalué produit la note. Cela fonctionne tant que la relation est bonne, et se dégrade dès le premier désaccord sur un malus.

Le donneur d'ordres produit la mesure

Possible quand la téléphonie et le CRM vous appartiennent. C'est la meilleure configuration pour les KPI de flux (QS, taux d'abandon, volumes) puisque vos systèmes sont en amont du plateau. Elle atteint sa limite sur la qualité : vous ne pouvez pas évaluer manuellement plus de quelques dizaines d'appels par semaine.

Un tiers produit la mesure

C'est la configuration qui désamorce structurellement le conflit, et elle devient accessible sur la qualité. Une plateforme d'analyse conversationnelle branchée sur les flux d'appels applique la même grille à 100 % des conversations, quelle que soit l'équipe, le site ou le pays, et justifie chaque note par l'extrait de transcription correspondant. Le score cesse d'être une opinion : il devient un fait vérifiable par les deux parties. Un courtier d'assurance grand compte que nous accompagnons a ainsi refondu son pilotage qualité en trois niveaux sur 470 000 appels analysés (un volume qu'aucune équipe qualité interne ne peut couvrir). C'est le principe que met en œuvre Feedae sur les dispositifs que nous pilotons.

Transparence : Feedae est la plateforme d'analyse conversationnelle co-fondée par l'équipe Call of Success. Nous la mentionnons ici parce qu'elle illustre la logique du tiers de mesure, d'autres acteurs (Observe.ai , Balto ou CallMiner) permettent la même chose. L'important n'est pas l'outil : c'est que la source de vérité soit indépendante des deux parties et que la méthode de calcul soit auditable.

5. Comment auditer la donnée de votre prestataire ?

Une fois par trimestre, une demi-journée suffit. Voici le protocole que nous appliquons chez nos clients.

Auditer la donnée de votre prestataire : protocole en 5 étapes
ÉtapeCe que vous vérifiezSignal d'alerte
1. Rapprochement volumétriqueAppels présentés côté opérateur vs côté prestataireÉcart > 2 % non expliqué
2. Test des exclusionsRecalcul du KPI sans les exclusionsÉcart > 5 points
3. Rejeu d'échantillon20 à 30 appels réévalués contradictoirementÉcart moyen de notation > 10 points
4. Contrôle de granularitéRecalcul hebdomadaire d'un SLA mensuel2 semaines sous seuil masquées
5. TraçabilitéUn score est-il relié à un appel identifiable ?Score non traçable = score non opposable

L'étape 3 est la plus révélatrice. C'est exactement le travail que mène un prestataire qualité pour un grand opérateur télécom que nous connaissons : cycles de calibrage sur des échantillons de 20 à 30 appels, analyse des écarts de notation entre l'IA et les évaluateurs humains, jusqu'à découvrir qu'un critère « double » qui mélangeait la vente chaînée et la portabilité produisait des notations erratiques. Le critère a été scindé en deux. Ce n'est pas l'outil qui était en cause : c'est la définition.

Pour les dispositifs volumineux, un module d'analytics et de reporting permet de rejouer ces contrôles en continu plutôt qu'une fois par trimestre.

6. Quels KPI garder, quels KPI abandonner ?

Arbitrage des KPI d'externalisation : SLA, pilotage ou abandon
KPIGarder en SLAGarder en pilotageÀ abandonner
QS (80/20 ou variante)OuiOuiNon
FCR : résolution au 1er contactOuiOuiNon
CSAT post-contactOuiOuiNon
Score qualité sur grille calibréeOui, si tiers de mesureOuiNon
Taux de conformité réglementaireOuiOuiNon
Taux d'abandonNonOuiNon
DMT / DMCNonOuiOui, en SLA isolé
Taux d'occupationNonOuiOui, en SLA
Nombre d'appels par heureNonNonOui
« Note de satisfaction interne » du prestataireNonNonOui

Le FCR mérite son statut de super-KPI : selon SQM Group, la moyenne se situe autour de 70 %, le niveau world-class de 80 % n'est atteint que par environ 5 % des centres, et chaque point de FCR gagné vaut environ 1,4 point de NPS. C'est l'indicateur qui relie qualité, coût et satisfaction. Encore faut-il le mesurer sur la réitération réelle (le client a-t-il rappelé sur le même motif dans les 7 jours ?) et non sur une déclaration du conseiller en fin d'appel.

Ce qu'il faut retenir

  • SLA, KPI et objectif de service sont trois objets différents : 12-15 KPI en pilotage, 3-5 en SLA.
  • Le périmètre, les exclusions et la granularité pèsent plus lourd que le seuil négocié.
  • Toutes les définitions vivent dans une annexe unique, versionnée, référencée par le contrat.
  • Désignez une source de vérité. Le tiers de mesure est la configuration la plus saine.
  • Auditez la donnée une fois par trimestre : rapprochement, test des exclusions, rejeu d'échantillon, granularité, traçabilité.

Notre conseil

Avant votre prochain comité de pilotage, faites un exercice simple : demandez à votre prestataire la formule exacte, numérateur et dénominateur, de votre principal SLA et la liste de ses exclusions. Si la réponse prend plus de 48 heures ou tient en une phrase vague, vous avez identifié votre chantier prioritaire. Ce n'est pas un procès d'intention : dans neuf cas sur dix, personne n'a jamais écrit ces règles.

FAQ

Quelle différence entre un SLA et un KPI ?

Le KPI est une mesure, le SLA un engagement contractuel assorti d'une conséquence. Tous vos KPI ne doivent pas devenir des SLA : un SLA exige une définition, une source de vérité et une traçabilité que peu d'indicateurs supportent.

Combien de SLA faut-il dans un contrat de call center ?

Trois à cinq. Typiquement : qualité de service, résolution au premier contact, satisfaction client et conformité réglementaire. Au-delà, le prestataire arbitre entre des objectifs contradictoires et vous perdez la main.

Le prestataire peut-il produire lui-même la mesure de ses SLA ?

Oui, c'est courant, mais prévoyez un droit d'audit et une source de vérité alternative. Le jour où un malus se déclenche, une mesure auto-produite devient immédiatement contestable.

Faut-il mesurer les SLA à la semaine ou au mois ?

Les deux. Constat hebdomadaire pour le pilotage et l'alerte, consolidation mensuelle pour la facturation. Un SLA uniquement mensuel masque les pires journées, celles que vos clients ont réellement vécues.

Comment mesurer le FCR sans enquête client ?

Par la réitération : le client a-t-il rappelé sur le même motif dans une fenêtre glissante de 7 jours ? Cela suppose une clé client unique et une classification fiable des motifs d'appels, c'est le point technique le plus souvent bloquant.

Que faire en cas de désaccord persistant sur un chiffre ?

Rejouez un échantillon de 20 à 30 appels de façon contradictoire, avec le prestataire, sur la même grille. Dans la majorité des cas, le désaccord porte sur une définition de critère, pas sur la performance réelle.

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