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Pourquoi et comment externaliser avec un centre d'appels ?
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Revue de presse #30 : montée en gamme de l'outsourcing et le rôle d'intégrateur social des centres de contact

https://fr.linkedin.com/in/sylvaindely
ECRIT PAR SYLVAIN DE LY | CEO & Co-founder Call Of Success
Publié le
21
July
2026
Révisé le
10
MIN

Quoi de neuf dans le monde du service client,du service commercial et des centres d’appels ? La rédaction de Call ofSuccess vous propose sa revue de presse pour vous mettre à la page. C’estparti pour ce 30e épisode !

Au sommaire

1. Baromètre SP2C 2026 : léger recul du marché, montée en gamme des missions

Le marché français de la relation client externalisée a reculé de 1,4 % en 2025, pour s'établir à 3,5 milliards d'euros, selon le Baromètre 2026 du SP2C réalisé avec EY. La courbe des effectifs s’est montrée plus « nerveuse », avec la perte de 3,6 % des postes dans l’Hexagone. Après des années de croissance quasi continue, le secteur marque donc le pas et semble amorcer une (nouvelle) mue.

Le modèle historique, bâti sur le traitement industriel des flux, cède progressivement la place à une logique de création de valeur où l'IA absorbe les tâches répétitives pendant que le conseiller humain se recentre sur les clients premium et sur les requêtes complexes et/ou à forte composante émotionnelle.

Malgré l’indéniable disruption de l’intelligence artificielle, l’essentiel du chiffre d’affaires du marché (90,4 %) reste généré par des conseillers humains, contre seulement 8,7 % pour des solutions 100 % IA. Le téléphone conserve son hégémonie avec 73 % du CA, les réseaux sociaux progressent de 17 %, tandis que le chat et le SMS dévissent, avec des chutes vertigineuses de 33 % et 53 %, respectivement. 

L’étude documente l’intéressante montée en gamme du marché du conseil humain : 56 % des clients du top 10 des outsourceurs leur confient désormais la gestion de leurs clients premium, en hausse de 8 points, ce qui traduit la confiance des donneurs d'ordres envers leurs prestataires sur les interactions à fort enjeu.

La France conserve son leadership avec 43 % du chiffre d'affaires du marché qualifié, malgré un recul de 4 %, tandis que l'offshore poursuit sa progression et représente désormais un tiers du marché (+3 %). Le marché qualifié sondé par SP2C x EY compte 370 sites de production, dont 148 en France. L’ensemble représente 92,5 % du chiffre d’affaires du marché de la relation externalisée vers la France.

Notons enfin la dynamique sectorielle : 

  • Travel & Hospitality (+9 %) : le secteur génère des volumes importants liés aux perturbations de voyage (vols annulés, connexions manquées, rebookings…) ;
  • Banque (+4 %) et Assurance (+6 %) : ces secteurs ont longtemps rechigné à externaliser leur relation client. Ils semblent aujourd’hui franchir le pas plus volontiers. Laurent Vagneur (EY) note que la banque-assurance « devient un secteur de production très important » ;
  • Médias et divertissement (+10 %) : c’est la plus forte progression du baromètre. Le streaming vidéo génère un flux massif de résiliations (3,28 millions par mois en France selon Spliiit), et les plateformes investissent dans le service client pour tenter de retenir des abonnés devenus experts du « binge-and-churn » ;
  • Télécoms et FAI (-8 %) : le secteur télécom lui-même est en difficulté, avec un revenu des opérateurs en baisse de 1,6 % en 2025 selon l'Arcep, principalement à cause de la chute des services mobiles (-3,5 %) consécutive aux baisses de prix de 2023-2024. Les donneurs d'ordres réduisent leurs budgets d'externalisation en conséquence ;
  • Énergie et Utilities (-3 %) : après la crise énergétique de 2022-2023 qui avait généré des flux massifs (changements de fournisseur, réclamations liées aux hausses de prix), le marché se normalise et les sollicitations vers les centres de contact diminuent.

🔗 Pour aller plus loin : le Baromètre 2026 « IA et Relation Client externalisée : vers une performance augmentée » du SP2C x EY.

2. Canicule de juin : quand les centres d'appels d'urgence saturent en quelques heures

La vague de chaleur qui a frappé la France entre le 23 et le 27 juin a mis les centres d'appels d'urgence sous une énorme pression. À Bordeaux, le pôle de traitement des appels des sapeurs-pompiers de Gironde a compté jusqu'à 80 interventions simultanées, contre moins de 50 en temps normal. La totalité des ambulances ont été déployées sur le terrain dès le milieu de matinée. 

L'adjudant Marchal, adjoint du pôle de traitement, évoque un afflux lié à la chaleur, aux risques forestiers, aux plages et aux renforts demandés par le SAMU.

Le phénomène a touché l'ensemble du territoire. À Marseille, le SAMU 13 a enregistré plus de 3 000 appels par jour et activé un protocole d'urgence de niveau 3 pour renforcer les effectifs et réorganiser les priorités de réponse.

En Île-de-France, les quatre SAMU de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont subi une hausse de 80 % du volume d'appels sur la semaine, avec un pic à plus de 5 200 dossiers de régulation le 26 juin dans le seul Val-de-Marne. L'AP-HP a comptabilisé près de 3 000 passages quotidiens aux urgences adultes les 26 et 27 juin, soit 36 % de plus qu'en temps normal. Le Plan Blanc a été déclenché dans tous les établissements sanitaires franciliens le 26 juin, et la réserve sanitaire nationale a été mobilisée le lendemain.

On a parfois tendance à l’oublier, mais les centres d'appels ne se résument pas à la relation client et à la prospection commerciale. Ce sont aussi : 

  • Les pompiers qui trient les urgences vitales en temps réel ; 
  • Les SAMU qui régulent des milliers de dossiers par jour ;
  • Les plateformes de crise qui orientent les secours lors de pics simultanés… 

Ces centres d'appels d'urgence affrontent des problématiques bien connues du secteur (formation des opérateurs, montée en charge brutale, coordination entre plateformes), avec une contrainte supplémentaire de taille : 75 % font face à un manque de personnel structurel. Et ici, un appel mal traité ne génère pas un avis Google négatif. Il peut coûter une vie.

🔗 Pour aller plus loin : le reportage signé Ouest France sur la « surchauffe des centres d’appels des pompiers ». 

3. Un centre d'appels ouvre en prison : quand le secteur joue un rôle social qu'on ne lui soupçonne pas

Un outsourceur français vient d'inaugurer un plateau de 25 postes au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran, avec un démarrage prévu à la rentrée pour une mission d'enquête de satisfaction dans le logement social. Sur les 1 090 détenus de l'établissement, seuls 151 travaillent aujourd'hui (14 % de l'effectif carcéral, contre 30 % en moyenne dans les prisons françaises). 

L'implantation a exigé de surmonter deux obstacles inhabituels pour l’employeur : 

  • Les préjugés liés au milieu carcéral ; 
  • Les contraintes de sécurité autour de l'accès au téléphone et à internet. 

Les détenus volontaires seront formés et embauchés sous contrat d'emploi pénitentiaire, à raison de 30 heures par semaine, avec un salaire minimum garanti.

L’initiative n’est pas inédite sur le Vieux Continent. Au Royaume-Uni, plusieurs établissements pénitentiaires (HMP Oakwood, Drake Hall, High Down) hébergent des centres d'appels, parfois de taille, où les détenus réalisent des études de marché pour le secteur de l'assurance, dans le cadre de programmes de réinsertion supervisés par le ministère de la Justice.

Au-delà du milieu carcéral, le secteur des centres de contact joue en France un rôle d'intégrateur social qui ne transparaît pas toujours dans les analyses macroéconomiques : 

  • Handicap : une entreprise adaptée, pionnière de la relation client pour les personnes sourdes ou malentendantes, emploie 80 % de travailleurs en situation de handicap comme vidéo-conseillers en langue des signes française. L'IA y renforce la capacité de ces conseillers à sécuriser leur expression écrite, tout en préservant leurs atouts distinctifs : la lecture du non-dit et l'agilité visuelle ;
  • Ancrage territorial : les centres d'appels se sont historiquement implantés dans des bassins d'emploi fragilisés par la désindustrialisation, là où d'autres secteurs n'ont pas pris le relais. La région Hauts-de-France concentre à elle seule près d'un quart des salariés français du secteur, avec 29 sites de production. Trois postes sur quatre sont en CDI ;
  • Ascenseur social : 17 % des salariés du secteur ont bénéficié d'une promotion interne en 2025, et la formation initiale atteint 94 heures en moyenne. Le métier de conseiller reste l'un des rares à offrir des perspectives d'évolution rapide sans exiger de diplôme particulier à l'entrée.

Le secteur des centres de contact est rarement regardé sous cet angle. On lui reproche volontiers ses cadences, son turnover et la pression sur les agents. Ces critiques ne sont malheureusement pas toujours infondées. Reste que pour des détenus, des personnes en situation de handicap et des demandeurs d'emploi dans des bassins sinistrés, le centre d'appels est parfois la première, voire la seule marche vers un CDI.

🔗 Pour aller plus loin : le reportage de France Bleu Orléans sur l'ouverture du centre d'appels au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran. 

4. [Tribune] La recomposition du secteur des centres de contacts s’accélère

Une fois n'est pas coutume, on termine cette revue de presse par un papier bien de chez nous ! Sylvain De Ly, cofondateur de Call of Success et de Feedae, avait publié il y a un peu plus d’un an son analyse de la recomposition du secteur des centres de contact sous l'effet de l'IA. Il reprend aujourd’hui sa lecture à la lumière de 12 mois particulièrement mouvementés pour le secteur.

En moins d’un an : 

  • Le leader mondial est sorti du CAC 40 et a remplacé son fondateur historique par un spécialiste IA de McKinsey ; 
  • Le numéro trois mondial a vu sa note de crédit dégradée en zone spéculative par S&P ; 
  • Un acteur mid-market français réputé bien géré est entré en procédure de sauvegarde ; 
  • Salesforce a mis 3,6 milliards de dollars sur la table pour racheter un éditeur d'agents IA de service client, signal que les CRM ne se contentent plus d'enregistrer la relation client : ils veulent désormais exécuter la tâche eux-mêmes.

La thèse centrale de Sylvain n'a pas vraiment bougé : l'IA ne va pas tuer le centre de contact. Les effectifs tiennent globalement, la régulation européenne réimpose l'accès à un conseiller humain, et le coût complet de l'automatisation rattrape ses promoteurs. En revanche, l'IA est en train de recomposer le secteur : qui possède les flux, qui possède la donnée conversationnelle et qui capte la marge.

  • Les éditeurs CRM captent des flux qui, hier, étaient facturés à l'heure par les outsourceurs. Quand une demande est résolue nativement dans Salesforce ou Zendesk, le volume ne transite plus par un plateau, ni interne, ni externalisé ;
  • Gartner prédit que d'ici 2030, le coût par résolution en IA générative dépassera 3 dollars, soit plus cher que de nombreux agents humains offshore. L'automatisation totale ne sera pas la solution la moins chère ;
  • Les éditeurs de solutions IA annoncent que leurs bots résolvent 70 à 80 % des demandes clients sans intervention humaine. Sur le terrain, la médiane mesurée par Zendesk tombe à 41,2 %... deux fois moins que le discours commercial.

🔗 Pour aller plus loin : la tribune « Quand l'IA bouleverse le monde des centres d'appels : un an après, la recomposition s'accélère » de Sylvain De Ly, cofondateur de Call of Success et Feedae. 

1. Baromètre SP2C 2026 : léger recul du marché, montée en gamme des missions

Le marché français de la relation client externalisée a reculé de 1,4 % en 2025, pour s'établir à 3,5 milliards d'euros, selon le Baromètre 2026 du SP2C réalisé avec EY. La courbe des effectifs s’est montrée plus « nerveuse », avec la perte de 3,6 % des postes dans l’Hexagone. Après des années de croissance quasi continue, le secteur marque donc le pas et semble amorcer une (nouvelle) mue.

Le modèle historique, bâti sur le traitement industriel des flux, cède progressivement la place à une logique de création de valeur où l'IA absorbe les tâches répétitives pendant que le conseiller humain se recentre sur les clients premium et sur les requêtes complexes et/ou à forte composante émotionnelle.

Malgré l’indéniable disruption de l’intelligence artificielle, l’essentiel du chiffre d’affaires du marché (90,4 %) reste généré par des conseillers humains, contre seulement 8,7 % pour des solutions 100 % IA. Le téléphone conserve son hégémonie avec 73 % du CA, les réseaux sociaux progressent de 17 %, tandis que le chat et le SMS dévissent, avec des chutes vertigineuses de 33 % et 53 %, respectivement. 

L’étude documente l’intéressante montée en gamme du marché du conseil humain : 56 % des clients du top 10 des outsourceurs leur confient désormais la gestion de leurs clients premium, en hausse de 8 points, ce qui traduit la confiance des donneurs d'ordres envers leurs prestataires sur les interactions à fort enjeu.

La France conserve son leadership avec 43 % du chiffre d'affaires du marché qualifié, malgré un recul de 4 %, tandis que l'offshore poursuit sa progression et représente désormais un tiers du marché (+3 %). Le marché qualifié sondé par SP2C x EY compte 370 sites de production, dont 148 en France. L’ensemble représente 92,5 % du chiffre d’affaires du marché de la relation externalisée vers la France.

Notons enfin la dynamique sectorielle : 

  • Travel & Hospitality (+9 %) : le secteur génère des volumes importants liés aux perturbations de voyage (vols annulés, connexions manquées, rebookings…) ;
  • Banque (+4 %) et Assurance (+6 %) : ces secteurs ont longtemps rechigné à externaliser leur relation client. Ils semblent aujourd’hui franchir le pas plus volontiers. Laurent Vagneur (EY) note que la banque-assurance « devient un secteur de production très important » ;
  • Médias et divertissement (+10 %) : c’est la plus forte progression du baromètre. Le streaming vidéo génère un flux massif de résiliations (3,28 millions par mois en France selon Spliiit), et les plateformes investissent dans le service client pour tenter de retenir des abonnés devenus experts du « binge-and-churn » ;
  • Télécoms et FAI (-8 %) : le secteur télécom lui-même est en difficulté, avec un revenu des opérateurs en baisse de 1,6 % en 2025 selon l'Arcep, principalement à cause de la chute des services mobiles (-3,5 %) consécutive aux baisses de prix de 2023-2024. Les donneurs d'ordres réduisent leurs budgets d'externalisation en conséquence ;
  • Énergie et Utilities (-3 %) : après la crise énergétique de 2022-2023 qui avait généré des flux massifs (changements de fournisseur, réclamations liées aux hausses de prix), le marché se normalise et les sollicitations vers les centres de contact diminuent.

🔗 Pour aller plus loin : le Baromètre 2026 « IA et Relation Client externalisée : vers une performance augmentée » du SP2C x EY.

2. Canicule de juin : quand les centres d'appels d'urgence saturent en quelques heures

La vague de chaleur qui a frappé la France entre le 23 et le 27 juin a mis les centres d'appels d'urgence sous une énorme pression. À Bordeaux, le pôle de traitement des appels des sapeurs-pompiers de Gironde a compté jusqu'à 80 interventions simultanées, contre moins de 50 en temps normal. La totalité des ambulances ont été déployées sur le terrain dès le milieu de matinée. 

L'adjudant Marchal, adjoint du pôle de traitement, évoque un afflux lié à la chaleur, aux risques forestiers, aux plages et aux renforts demandés par le SAMU.

Le phénomène a touché l'ensemble du territoire. À Marseille, le SAMU 13 a enregistré plus de 3 000 appels par jour et activé un protocole d'urgence de niveau 3 pour renforcer les effectifs et réorganiser les priorités de réponse.

En Île-de-France, les quatre SAMU de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont subi une hausse de 80 % du volume d'appels sur la semaine, avec un pic à plus de 5 200 dossiers de régulation le 26 juin dans le seul Val-de-Marne. L'AP-HP a comptabilisé près de 3 000 passages quotidiens aux urgences adultes les 26 et 27 juin, soit 36 % de plus qu'en temps normal. Le Plan Blanc a été déclenché dans tous les établissements sanitaires franciliens le 26 juin, et la réserve sanitaire nationale a été mobilisée le lendemain.

On a parfois tendance à l’oublier, mais les centres d'appels ne se résument pas à la relation client et à la prospection commerciale. Ce sont aussi : 

  • Les pompiers qui trient les urgences vitales en temps réel ; 
  • Les SAMU qui régulent des milliers de dossiers par jour ;
  • Les plateformes de crise qui orientent les secours lors de pics simultanés… 

Ces centres d'appels d'urgence affrontent des problématiques bien connues du secteur (formation des opérateurs, montée en charge brutale, coordination entre plateformes), avec une contrainte supplémentaire de taille : 75 % font face à un manque de personnel structurel. Et ici, un appel mal traité ne génère pas un avis Google négatif. Il peut coûter une vie.

🔗 Pour aller plus loin : le reportage signé Ouest France sur la « surchauffe des centres d’appels des pompiers ». 

3. Un centre d'appels ouvre en prison : quand le secteur joue un rôle social qu'on ne lui soupçonne pas

Un outsourceur français vient d'inaugurer un plateau de 25 postes au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran, avec un démarrage prévu à la rentrée pour une mission d'enquête de satisfaction dans le logement social. Sur les 1 090 détenus de l'établissement, seuls 151 travaillent aujourd'hui (14 % de l'effectif carcéral, contre 30 % en moyenne dans les prisons françaises). 

L'implantation a exigé de surmonter deux obstacles inhabituels pour l’employeur : 

  • Les préjugés liés au milieu carcéral ; 
  • Les contraintes de sécurité autour de l'accès au téléphone et à internet. 

Les détenus volontaires seront formés et embauchés sous contrat d'emploi pénitentiaire, à raison de 30 heures par semaine, avec un salaire minimum garanti.

L’initiative n’est pas inédite sur le Vieux Continent. Au Royaume-Uni, plusieurs établissements pénitentiaires (HMP Oakwood, Drake Hall, High Down) hébergent des centres d'appels, parfois de taille, où les détenus réalisent des études de marché pour le secteur de l'assurance, dans le cadre de programmes de réinsertion supervisés par le ministère de la Justice.

Au-delà du milieu carcéral, le secteur des centres de contact joue en France un rôle d'intégrateur social qui ne transparaît pas toujours dans les analyses macroéconomiques : 

  • Handicap : une entreprise adaptée, pionnière de la relation client pour les personnes sourdes ou malentendantes, emploie 80 % de travailleurs en situation de handicap comme vidéo-conseillers en langue des signes française. L'IA y renforce la capacité de ces conseillers à sécuriser leur expression écrite, tout en préservant leurs atouts distinctifs : la lecture du non-dit et l'agilité visuelle ;
  • Ancrage territorial : les centres d'appels se sont historiquement implantés dans des bassins d'emploi fragilisés par la désindustrialisation, là où d'autres secteurs n'ont pas pris le relais. La région Hauts-de-France concentre à elle seule près d'un quart des salariés français du secteur, avec 29 sites de production. Trois postes sur quatre sont en CDI ;
  • Ascenseur social : 17 % des salariés du secteur ont bénéficié d'une promotion interne en 2025, et la formation initiale atteint 94 heures en moyenne. Le métier de conseiller reste l'un des rares à offrir des perspectives d'évolution rapide sans exiger de diplôme particulier à l'entrée.

Le secteur des centres de contact est rarement regardé sous cet angle. On lui reproche volontiers ses cadences, son turnover et la pression sur les agents. Ces critiques ne sont malheureusement pas toujours infondées. Reste que pour des détenus, des personnes en situation de handicap et des demandeurs d'emploi dans des bassins sinistrés, le centre d'appels est parfois la première, voire la seule marche vers un CDI.

🔗 Pour aller plus loin : le reportage de France Bleu Orléans sur l'ouverture du centre d'appels au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran. 

4. [Tribune] La recomposition du secteur des centres de contacts s’accélère

Une fois n'est pas coutume, on termine cette revue de presse par un papier bien de chez nous ! Sylvain De Ly, cofondateur de Call of Success et de Feedae, avait publié il y a un peu plus d’un an son analyse de la recomposition du secteur des centres de contact sous l'effet de l'IA. Il reprend aujourd’hui sa lecture à la lumière de 12 mois particulièrement mouvementés pour le secteur.

En moins d’un an : 

  • Le leader mondial est sorti du CAC 40 et a remplacé son fondateur historique par un spécialiste IA de McKinsey ; 
  • Le numéro trois mondial a vu sa note de crédit dégradée en zone spéculative par S&P ; 
  • Un acteur mid-market français réputé bien géré est entré en procédure de sauvegarde ; 
  • Salesforce a mis 3,6 milliards de dollars sur la table pour racheter un éditeur d'agents IA de service client, signal que les CRM ne se contentent plus d'enregistrer la relation client : ils veulent désormais exécuter la tâche eux-mêmes.

La thèse centrale de Sylvain n'a pas vraiment bougé : l'IA ne va pas tuer le centre de contact. Les effectifs tiennent globalement, la régulation européenne réimpose l'accès à un conseiller humain, et le coût complet de l'automatisation rattrape ses promoteurs. En revanche, l'IA est en train de recomposer le secteur : qui possède les flux, qui possède la donnée conversationnelle et qui capte la marge.

  • Les éditeurs CRM captent des flux qui, hier, étaient facturés à l'heure par les outsourceurs. Quand une demande est résolue nativement dans Salesforce ou Zendesk, le volume ne transite plus par un plateau, ni interne, ni externalisé ;
  • Gartner prédit que d'ici 2030, le coût par résolution en IA générative dépassera 3 dollars, soit plus cher que de nombreux agents humains offshore. L'automatisation totale ne sera pas la solution la moins chère ;
  • Les éditeurs de solutions IA annoncent que leurs bots résolvent 70 à 80 % des demandes clients sans intervention humaine. Sur le terrain, la médiane mesurée par Zendesk tombe à 41,2 %... deux fois moins que le discours commercial.

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